
Dans les paysages déconstruits que nous livre cette artiste originaire de Québec, l’observateur retrouve des éléments de son propre paysage intérieur.
« La présence du fleuve nourrit mon imaginaire », avoue celle qui éprouve une fascination pour les étendues sauvages. L’œuvre We all are dancing témoigne éloquemment de cette inclination pour l’univers liquide, paysage volontairement flou, qui danse sous nos yeux. Flottant en apesanteur au-dessus d’un des deux rivages rouges du fleuve, un personnage et son ballon confèrent un caractère ludique à l’ensemble. « Certaines personnes y voient une bouée et d’autres un navire en mouvement. Finalement, ce qui compte, c’est représenter le territoire qui nous entoure et l’habiter en prenant conscience de son immensité », explique l’artiste.
Pendant ce temps, en forêt…
Lorsque Annie Labbé s’éloigne de ce long fleuve tranquille, c’est pour mieux plonger au cœur de la forêt pour y recueillir ses secrets. Cette intrusion dans le paysage est particulièrement présente dans l’œuvre Végétal ligneux où les arbres évoluent derrière une fenêtre qui semble, elle-même, située à l’extérieur. L’effet est saisissant, les sujets observés devenant, tour à tour, observateurs. Nous sommes alors conviés à un jeu de rôle fascinant au cours duquel la nature joue des tours à notre pensée rationnelle.
Par Jacques Bélanger





10 Mar 2011
Posted by Parcours

